PATRIMOINE · HISTOIRE
L'Histoire de
La Petite-Raon
Un village forgé par l'eau, la forêt… et le temps.
AVANT LE XVe SIÈCLE
Les origines
Un territoire façonné par l'eau, la forêt et les montagnes.
Bien avant l'apparition des premières habitations, le territoire de La Petite-Raon était déjà modelé par les éléments naturels. Nichée au cœur de la vallée du Rabodeau et entourée des forêts vosgiennes, la commune s'est développée dans un environnement où l'eau, le relief et la forêt ont longtemps dicté le mode de vie de ses habitants.
Le nom de La Petite-Raon apparaît pour la première fois en 1489, sous la forme Petite Ravon. Il fait référence au Rabodeau, la rivière qui traverse la commune et qui a joué un rôle essentiel dans son développement économique et humain.
Pendant plusieurs siècles, la forêt constitue la principale richesse du territoire. Elle fournit le bois nécessaire au chauffage, à la construction des habitations et aux premiers ateliers artisanaux, tandis que les terres de la vallée permettent le développement de l'agriculture et de l'élevage.
DU Xe AU XVe SIÈCLE
Le village prend vie
Avant le Moyen Âge, les traces d’occupation humaine restent rares sur le territoire de La Petite-Raon. Aucun vestige gallo-romain n’y a été formellement identifié. La proximité d’anciennes voies reliant la région de Saint-Dié à la plaine laisse toutefois penser que des hommes et des femmes ont fréquenté cette vallée bien avant la naissance du village.
C’est entre les Xe et XIIIe siècles que les premières habitations permanentes commencent à se développer. Souvent modestes et construites à la lisière des forêts, elles accompagnent progressivement le défrichement des terres et l’installation des premiers habitants.
La vie du village repose alors principalement sur les ressources naturelles. La forêt fournit le bois nécessaire au chauffage et à la construction, tandis que les terres cultivables permettent le développement de l’agriculture et de l’élevage. L’eau du Rabodeau facilite également l’installation des premières activités artisanales.

XVe SIÈCLE
Le nom et le blason de La Petite-Raon
Le nom de la localité est attesté au fil des siècles sous différentes formes : Lai Petitte Rawon en 1489, La Petite Ravon en 1695, Raon la Petite en 1711 et Rapo minor en 1768. En patois, La Petite-Raon est appelée Lé p’tiote Ravon.
Le mot Raon, ou Ravon, signifie « confluent » dans le dialecte local. La Petite-Raon désigne ainsi le petit confluent du Rabodeau et de la Rochère. Ce même toponyme se retrouve dans plusieurs autres communes lorraines : Raon-l’Étape, Raon-sur-Plaine, Raon-lès-Leau et Raon-aux-Bois.
« La Petite Raon » a également pour forme savante le nom de la rivière Rabodeau et a reçu pour toponyme le nom du cours d’eau sur lequel elle est située.
Le blason de la commune
De sinople, au hérisson contourné d'argent, mantelé d'or, à deux saumons aussi d'argent, adossés et mis en pal, cantonnés de trois croisettes du champ disposées 1-2.
Le hérisson est le symbole de la commune.
Les saumons et les croisettes rappellent que La Petite-Raon faisait partie de la Principauté de Salm, comme sa voisine Senones. Les couleurs sont cependant différentes : le rouge du champ est remplacé par l’or et les croisettes, qui étaient d’argent, sont ici de sinople.
XIXe SIÈCLE
L’essor industriel
Au XIXe siècle, La Petite-Raon connaît un important essor économique grâce au développement de l'industrie textile. Profitant de la force motrice du Rabodeau, plusieurs filatures s'implantent dans la vallée et emploient une grande partie de la population.
L'usine Mercier, dont les bâtiments marquent encore aujourd'hui le paysage communal, témoigne de cette période de prospérité. L'activité industrielle favorise l'arrivée de nouvelles familles, la construction de logements et le développement du village.
Cette croissance s'accompagne de nouveaux équipements. L'église Saints-Sébastien-et-Quirin est édifiée entre 1857 et 1865, tandis que l'arrivée du chemin de fer renforce les échanges et facilite le transport des marchandises comme des voyageurs.
1939 - 1945
L'épreuve de la guerre
Une commune marquée par les événements de la Seconde Guerre mondiale.
Comme de nombreuses communes vosgiennes, La Petite-Raon est profondément touchée par la Seconde Guerre mondiale. Située au cœur d'un territoire stratégique, elle connaît les difficultés de l'Occupation et les conséquences des combats qui marquent la vallée du Rabodeau.
En septembre 1944, dans le contexte de la répression menée contre les maquis vosgiens, plusieurs habitants sont arrêtés et déportés. Ces événements laissent une profonde empreinte dans la mémoire collective de la commune.
Pour le courage de ses habitants et les épreuves traversées durant le conflit, La Petite-Raon reçoit la Croix de guerre 1939-1945, une distinction honorifique qui témoigne de son engagement et des sacrifices consentis pendant cette période.
Aujourd'hui encore, les cérémonies commémoratives et le monument aux morts perpétuent le souvenir de celles et ceux qui ont vécu cette page douloureuse de l'histoire communale.
« La mémoire d'un village se construit autant par ses réussites que par les épreuves qu'il a traversées. »
Croix de guerre 1939-1945
Décoration attribuée à la commune pour les faits de guerre survenus durant la Seconde Guerre mondiale.
DEPUIS 1945
Un patrimoine préservé
Après les bouleversements du XXᵉ siècle, La Petite-Raon poursuit son développement tout en restant fidèle à son identité. Si l'activité industrielle a progressivement laissé place à d'autres modes de vie, la commune a su préserver son patrimoine architectural, son environnement naturel et son esprit de village.
Aujourd'hui, l'église Saints-Sébastien-et-Quirin, les anciennes bâtisses, les vestiges de l'activité textile et les paysages de la vallée du Rabodeau témoignent d'une histoire riche qui continue de façonner l'identité locale.
Entourée des forêts vosgiennes et traversée par le Rabodeau, La Petite-Raon offre un cadre de vie apprécié pour son calme, son patrimoine et son attachement aux traditions. La commune poursuit son évolution tout en veillant à transmettre son histoire aux générations futures.
